UNE VISION «HS» DE LA MOBILITÉ EN HAUTE-SAVOIE

Avis favorable donné à l'autoroute Machilly-Thonon

2.original.png

Clip réalisé par Ulysse Chaudron, réalisateur amateur de «presque 17 ans», sur le fléau de la pollution de l’air au pied du Mont-Blanc. Dans 15 ans, ce seront les enfants du Chablais qui se rebelleront contre les décisions de leurs aînés.

Décidément la Haute-Savoie a du mal à entrer dans le 21e siècle en matière de transports et de mobilité! À l’heure des bouleversements climatiques, de l’insoutenable impact de la pollution de l’air sur la santé, la seule vision proposée en Haute-Savoie reste celle, désespérément dépassée, de l’accroissement de la dépendance à la voiture et aux carburants fossiles polluants et climaticides.

Dans le Chablais, la solution inlassablement poussée par les décideurs politiques est l’autoroute, qu’ils font miroiter aux yeux des chablaisiens depuis 40 ans. Or, d’autres solutions pour contourner les villes et villages du Chablais auraient pu et dû être mises en place depuis longtemps, afin d’améliorer la qualité de la vie dans les bourgades traversées et celle des automobilistes. L'autoroute Machilly-Thonon ne résoudra pas les problèmes de congestion sur les rives du lac Léman, à Douvaine ou aux abords d’Annemasse et de Genève. Elle ne résoudra pas non plus le casse-tête du trafic local, qui représente pourtant les 2/3 des trajets effectués dans le Chablais.

Cette portion d’autoroute de 16,5 kilomètres, aux coûts de construction exorbitants, qui sera de surcroît financée par moitié avec de l’argent public et dont le prix du péage restera prohibitif pour une partie des chablaisiens, facilitera l'accès plus rapide de ses usagers... vers les bouchons de Findrol, de Bardonnex, d’Annemasse et de Genève.

Les solutions du 21e siècle sont ailleurs et elles sont déjà en cours de développement, ou en réflexion: la construction du CEVA et le déploiement du service ferroviaire Léman Express, la mise en place d’un bus express avec voie réservée de Thonon à Genève, la construction d’un réseau de voies cyclables, sans même parler de l’immense potentiel «low-cost» que représente le covoiturage.

Le fardeau environnemental de cet ouvrage, sur la nature qu’il traversera, sur la biodiversité, la qualité de l’air, la santé humaine et le climat, seront insoutenables. Gouverner c’est prévoir. Prévoir, ce n’est pas rajouter un moteur supplémentaire au véhicule collectif pour foncer encore plus vite dans le mur du dérèglement climatique. C’est pourtant la seule vision proposée par la classe politique en Haute-Savoie, aujourd’hui encore, dans le Chablais comme ailleurs. Autour d’Annecy, ce ne sont pas moins de 10 projets routiers et autoroutiers qui sont en construction ou en prévision!

Le secteur des transports est 1er émetteur de gaz à effet de serre en France. Notre pays va être poursuivi devant la Cour Européenne de justice pour non-respect des valeurs limites de pollution de l’air au dioxyde d’azote, un polluant majoritairement lié au secteur des transports. Il est urgent de rentrer dans le 21e siècle en matière de mobilité en Haute-Savoie et de proposer des solutions adaptées aux enjeux sanitaires et environnementaux de ce siècle.

Voir l’avis du Commissaire Enquêteur

«20 ans que l’on débat de l’utilité ou pas de cette liaison. C’est long et ça nous amène à nous poser tout de suite une question: durant deux décennies la société n’a-t-elle pas évolué, tout comme l’environnement? Bien évidemment et ce qui pouvait être perçu comme indispensable à la fin des années 90 ne l’est peut-être plus aujourd’hui. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec le projet de la ZAE Borly 2 à Cranves-Sales, dont nous avons parlé la semaine dernière. Des vieux projets que l’on ressort des tiroirs sans les modifier, en considérant qu’ils sont toujours indispensables à la survie de notre économie.[…] A présent il va falloir se demander si la construction d’une autoroute est encore compatible avec les exigences de la mobilité du XXIème siècle qui se veut respectueuse de l’environnement en privilégiant les liaisons douces». Voir l’ensemble de l’article du Faucigny - L’enquête publique est close, pas le débat