Les propositions d'Inspire
Sans régulation, le marché obéit aveuglément à la loi de l’offre et de la demande, alimentant une spirale infernale de hausse des prix de l'immobilier. Le phénomène est aggravé par le recours aux plateformes de location touristique, au détriment du logement permanent. Résultat: à Chamonix, près de 70% des logements sont des résidences secondaires, à Megève, le pourcentage est encore plus élevé (83%), d'après l'INSEE.
La crise de l'immobilier en montagne a atteint un point de rupture, provoquant l’exode des habitants, dont les salaires ne suivent pas l’envolée immobilière. À Chamonix, l’achat d’un appartement de 70 m² représente ainsi 28 années de salaire, soit 4,4 fois plus que la moyenne nationale (6,4 ans). Ceci a pour effet corollaire l'augmentation des besoins de déplacement et de stationnement, donnant lieu à une mobilité subie. Voir nos propositions pour une mobilité efficace et apaisée.
1. Priorité absolue au logement permanent
Il est urgent d’appliquer la loi Le Meur (novembre 2024) pour corriger ce déséquilibre. Cet outil permet de réserver des zones dédiées à l’habitat permanent dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU). La commune de Chamonix a adopté cet outil et classé l’essentiel des zones restant à construire à la faveur du logement permanent, dans son nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) validé en février 2026.
Inspire appelle toutes les communes touristiques à s’emparer de ce levier efficace pour sanctuariser le logement permanent lors de constructions nouvelles ou de transformations de bâtiments en logements.
L'inaction dans ce domaine serait catastrophique pour les communes voisines, puisque les promoteurs immobiliers et les spéculateurs regardent déjà vers ces territoires pour implanter les complexes immobiliers qu'ils ne pourront plus construire à Chamonix. La commune des Houches en particulier se trouve aux premières loges et est classée, depuis septembre 2025, au plus haut niveau des zones tendues pour le logement, tout comme Chamonix.
2. Accélérer la production de logements sociaux et aidés
L’écart grandissant entre les revenus locaux et le coût du logement est tel que la majorité des actifs des stations de montagne sont désormais éligibles au logement social. La production de ces logements doit être amplifiée pour répondre à cette réalité économique.
3. Réglementer la location touristique
La vallée de Chamonix a fait un grand pas cette direction, en adoptant un règlement pour limiter la location de courte durée, au profit du logement permanent. Ceci a été rendu possible grâce au classement de la vallée de Chamonix en tant que zone tendue touristique, en 2023.
Depuis mai 2025, la location de meublés de tourisme est limitée à un bien par personne physique à Chamonix et aux Houches et à deux biens à Servoz. L’extension de ce dispositif aux personnes morales est prévu pour mai 2026.
4. Miser sur la rénovation énergétique et les énergies renouvelables sans combustion
Il faut poursuivre l’effort d’isolation des bâtiments en ciblant prioritairement les aides vers les publics modestes.
Parallèlement, il est impératif de cesser de subventionner le chauffage au bois (Fonds Air Bois, chaudières collectives), responsable de 70% des émissions de particules fines dans la vallée de l’Arve. Les financements publics doivent être réorientés vers des solutions propres: les pompes à chaleur (géothermie, aérothermie) et le solaire (thermique, photovoltaïque).
5. Sortir du tout-béton
La production de ciment, ingrédient clé du béton, génère 7% des émissions mondiales de CO2. "C'est plus que les émissions de l'ensemble de l'Union européenne ou de l'Inde", d’après la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte.
Dans les PLU, il conviendra d'imposer cette condition: "sauf impossibilité technique dûment justifiée, tout projet de construction devra éviter de recourir au ciment".
Source INSEE (mise à jour du 5/03/2026)
-> Chamonix 69%
-> Les Houches 62%
-> Vallorcine 59%
-> Servoz 33%
-> Megève 83%
-> Saint-Gervais-les-Bains 68%
-> Les Contamines-Montjoie 82%
-> Passy et Sallanches 12%
SCoT Mont-Blanc
Bien que tardivement, le territoire regroupant les quatre communautés de communes de Chamonix, du Pays du Mont-Blanc, de Cluses et du Giffre s’engage vers la finalisation de son Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT). Face à la densité et à la complexité du dossier soumis à enquête publique, Inspire a collaboré avec plusieurs associations afin de formuler un avis commun, qui se veut favorable.
Cet avis met toutefois en lumière plusieurs points de vigilance concernant la préservation des glaciers et des zones humides, l’aménagement de la montagne, ainsi que les enjeux liés à la qualité de l’air, à la mobilité, au logement et à la gestion des déchets.

