QUEL AIR RESPIRONS-NOUS AU PAYS DU MONT-BLANC ?

Les émissions toujours incontrôlées des transports

Malgré la théorique amélioration des moteurs, les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) n’arrivent pas à baisser le long de la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc et le long des axes routiers de la vallée de l’Arve. Ce polluant routier reste dans l’illégalité et ne respecte pas normes européennes. Ceci s’explique par le fait que :

  • les moteurs diesel continuent d’émettre beaucoup plus de NO2 en situation réelle de conduite que ce qu’affichent les constructeurs automobiles,

  • certains poids lourds contournent les systèmes de dépollution,

  • le trafic au tunnel du Mont-Blanc est en augmentation.

2017 a été une année record pour le tunnel du Mont-Blanc, avec une progression de +8% du trafic poids lourds. 620 000 camions ont emprunté le tunnel, soit le niveau le plus élevé depuis sa réouverture en 2002. Le trafic voiture a dépassé 1,3 million passages en un an. Le tout dans une vallée de moins de 1 km de largeur, à plus de 1.000 m d'altitude...


Moins de pics de pollution aux particules PM10

Grâce à une météo hivernale très favorable à la dispersion des polluants (temps doux ou perturbé), mais aussi à une action sur les émissions des chauffages, les pics de pollution ont été beaucoup moins fréquents ces dernières anneés.

Pour la première fois, la station de Passy n’a pas connu de dépassement des normes européennes en matière de PM10 en 2017. L’air reste toutefois nocif pour la santé dans la vallée de l’Arve et ne respecte pas les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Bilan 2017 pays du Mont-Blanc

Bilan 2018


Une moyenne annuelle stable pour les particules PM10

En moyenne annuelle, la teneur en particules dans l’air ne s’est quasiment pas améliorée depuis 2016. Elle se situe entre 24 à 23µg/m3 sur 3 ans, soit au dessus des recommandations de l'OMS.

La moyenne annuelle à Sallanches est similaire à celle de Passy, avec 22µg/m3 en 2017 et de 20µg/m3 en 2018.

La moyenne à Chamonix était de 17µg/m3 en 2017 et 17µg/m3 en 2018.


GRAPHIQUE ATMO AUVERGNE RHÔNE-ALPES

GRAPHIQUE ATMO AUVERGNE RHÔNE-ALPES

Le point noir du Benzo(a)Pyrène

Concernant le Benzo(a)Pyrène, un polluant classé cancérigène, la situation ne s’améliore pas à Passy et Sallanches. La plaine du Mont-Blanc est le seul territoire en France qui continue de connaître des dépassements de la valeur cible. Ces dépassements sont liés à l’activité industrielle de SGL Carbon, sans l'ombre d'un doute, d’après les affirmations récentes d'ATMO Auvergne Rhône-Alpes, en lien avec les émissions diffuses de l'usine qui s'échappent du bâtiment sans être filtrées par les cheminées de l'établissement. Quels autres polluants, non-surveillés, s'échappent également de ce bâtiment ?

En savoir plus

Le dossier spécial vallée de l'Arve réalisé par ATMO Auvergne Rhône-Alpes, l'association agréée de surveillance de la qualité de l'air.

Le diagnostic Atmo sur la Vallée de l’Arve, janvier 2018 (PPT)

Le site et l’appli Air To Go pour suivre en temps réel les prévisions de la qualité de l’air en tout point de la Région Auvergne Rhône-Alpes.

L’appli AIR par Plume Labs, pour connaitre l'évolution de la qualité de l'air ville par ville. L'appli traduit de façon simple les données de surveillance de la qualité de l'air d'ATMO et ajoute l'impact sur la santé, sur la base des normes de l'OMS.


2 épisodes de pollution d’ampleur nationale en 2016

Pics 2016.png

De début décembre 2016 à début janvier 2017 un pic de pollution sans précédent s'est installé sur la vallée de l’Arve et au pays du Mont-Blanc, avec un anticyclone vissé sur la région pendant de nombreuses semaines et des inversions de températures bloquant les polluants au fond des vallées. 35 jours consécutifs de pic de pollution ont été enregistrés pendant une période de plus de 50 jours sans pluie ou neige sur les Alpes du Nord françaises.

Durant toute cette période, une très forte mobilisation citoyenne s'est manifestée au pays du Mont-Blanc, à Passy, Sallanches, Chamonix et St Gervais.