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Le diesel responsable de 75% des coûts du trafic routier SUR LA santé

Les émissions en situation réelle de conduite prises en compte

Une étude indépendante estime le coût de la prise en charge des maladies associées au trafic routier à près de 80 milliards d’€ pour les États de l'UE28 et les assurances obligatoires. Le diesel compte pour 75% de ces coûts.

L'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA) vient de publier l’étude “Impacts et coûts des émissions du diesel dans l’UE sur la santé”, qui prend en compte pour la première fois les émissions réelles des moteurs diesels. Le Dieselgate a révélé que les émissions réelles de dioxyde d’azote (NO2) des voitures diesel étaient en réalité plus élevées que prévues et qu’utilisées par le logiciel d’évaluation actuel, nommé COPERT. Des travaux récents de l’initiative TRUE, prennent enfin en compte les émissions des véhicules légers au diesel en situation réelle de conduite.

Le coût sanitaire de la pollution liée au trafic routier est ainsi estimé à près de 80 milliards d’€, soit 20% plus élevé que l’évaluation précédente COPERT. 75% de ces coûts sont causés par le diesel.

Pourquoi les émissions du diesel sont-elles aussi toxiques ?

Les particules provenant des gaz d'échappement des moteurs diesel sont très nocives car elles sont principalement constituées de PM2,5 et de PM0,1 - des particules très fines qui pénètrent profondément dans l’organisme.

Les particules de suie (ou carbone noir) font partie des éléments les plus dangereux des PM2,5 émises par trafic routier. Les effets sur la santé qui y sont associés proviennent de leur petite taille, mais aussi du fait qu’elles peuvent être chargées d’autres polluants comme des métaux lourds, des HAP et des COV, qui pénètrent dans le corps humain avec la suie. C’est un polluant classé cancérogène par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Ces dernières années, des études ont démontré les effets sur la santé d'une exposition à la fois à court et à long terme au dioxyde d’azote (NO2). Une relation entre l'exposition à court terme au NO2 et des symptômes respiratoires tels que l'inflammation, l'aggravation des symptômes chez les patients asthmatiques et l'aggravation des réactions allergiques dans les voies respiratoires a été prouvée.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) liés aux particules des gaz d’échappement de diesel sont des plus nocifs pour la santé humaine. Ils sont liés de manière causale à la nature cancérigène des gaz d'échappement des moteurs diesel.

En 2012, l’Organisation Mondiale de la santé a classé les émissions d’échappement des moteurs diesel comme cancérigène certain.

Voir l’étude “Health impacts and health costs of diesel emissions in the EU”