La pollution chronique reste trop élevée
Le premier secteur émetteur de particules dans la vallée de l’Arve est le chauffage, en particulier le chauffage au bois non performant (cheminées à foyer ouvert et inserts ou poêles d'avant 2000 environ).
Un travail de réduction des émissions de ce secteur et une prise de conscience croissante des habitants ont permis une baisse légère des concentrations de ce polluant. L’installation de nouveaux équipements de filtration des émissions de l’usine SGL Carbon a aussi réduit les émissions de particules. Enfin, une météo favorable à la dispersion des polluants a permis une baisse des concentrations de polluants dans l’air ces dernières années.
Les niveaux de particules fines PM2,5 restent pourtant préoccupants pour la santé des habitants et sont près de 3 fois plus élevés que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une pollution chronique, à des niveaux médiocres mais réguliers, est le facteur le plus important d’impact sur la santé (beaucoup plus que les pics de pollution pourtant plus médiatiques).
Les transports trop polluants
Les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) commencent enfin à baisser le long de la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc et des axes routiers de la vallée de l’Arve, en lien avec la lente amélioration des moteurs.
Les niveaux de ce polluant, émis en majorité par le secteur des transports, en particulier le diesel, respectent depuis l’année 2020 les normes européennes, mais restent à des niveaux 3 fois supérieurs aux préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
En 2023, plus d’1 million de voitures et 520.000 poids lourds ont traversé le tunnel du Mont-Blanc, dans une vallée de moins de 1 km de largeur, à plus de 1.000 m d'altitude... Ce trafic s’ajoute à celui d’une vallée dynamique et touristique et contribue à polluer son air. À noter que le tunnel a été fermé à la circulation pour travaux pendant 2 mois à l’automne 2023.
Moins de pics de pollution aux particules PM10
Grâce à une météo hivernale plus favorable à la dispersion des polluants (temps doux ou perturbé), mais aussi à une action sur les émissions des chauffages et de l’industrie, les pics de pollution ont été beaucoup moins fréquents ces dernières années.
Depuis 2017, la station de Passy n’a pas connu de dépassement des normes européennes en matière de pics de PM10. L’air reste toutefois nocif pour la santé dans la vallée de l’Arve et ne respecte pas les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Nos autorités doivent appliquer de façon plus volontariste le Plan de Protection de l'Atmosphère de la vallée de l’Arve (PPA).
Le Benzo(à)Pyrène
Depuis de nombreuses années la valeur cible de 1 ng/m3 d'air pour les concentrations de Benzo(à)Pyrène (BaP) n'est pas respectée dans la zone de Sallanches-Passy, dans la vallée de l’Arve. Une particularité dont les habitants de la plaine du Mont-Blanc se passeraient bien.
Grâce à la mobilisation citoyenne locale, le Préfet de la Haute-Savoie a imposé à l'industriel SGL Carbon de mieux canaliser ses émissions de BaP, alors qu'une étude montrait que l'usine diffusait davantage de BaP dans l'air par les ouvertures de son bâtiment que par ses cheminées. L'amélioration apportée a été utile mais n'a pas suffit à faire rentrer les émissions de ce polluant dans les clous. Il est pourtant classé cancérogène certain par l'OMS.
Le chauffage au bois est hautement émetteur de ce polluant également et est beaucoup trop utilisé dans une vallée fortement peuplée, encaissée et en proie aux inversions de températures hivernales. Un cocktail détonnant.
Et les gaz à effet de serre
Les émissions de gaz à effet de serre ont un impact indirect et croissant sur la santé humaine. De plus, le lien de cause à effet entre la pollution de l'air et le climat est mieux compris et documenté.
Il est incontournable aujourd'hui d'agir sur la pollution de l'air tout en ayant un oeil sur les émissions climaticides. Et vice-versa.
Au cours des dernières décennies, les autorités publiques ont favorisé le diesel et le chauffage au bois pour leurs soit-disant vertus pour le climat. Or, ces solutions sont toxiques pour la santé humaine car émettrices de beaucoup trop de pollution de l'air. Le diesel est classé cancérogène certain par l'OMS et les émissions du chauffages au bois sont-elles aussi néfastes pour la santé.
Les sources d’émissions
Les sources d’émissions de polluants et de gaz à effet de serre en Haute-Savoie en 2019. Graphique Atmo Auvergne Rhône-Alpes.
Un phénomène naturel qui plombe la qualité de l'air
Les inversions de températures sont fréquentes dans la vallée de l'Arve. Quand il fait beau et froid en hiver, la couche d'air en altitude se réchauffe plus rapidement, sous les rayons du soleil, que le fond des vallées qui restent plus longtemps dans l'ombre. La couche d'air froid reste bloquée par le couvercle d'air chaud au dessus.
Dans cette situation toutes les émissions polluantes restent emprisonnées au fond des vallées, autant de temps que durera l'épisode anticyclonique froid, ce qui explique l'intensité des pics de pollution l'hiver. Le phénomène est également à l'oeuvre la nuit, toute l'année, mais dans une intensité moindre.
Quand le vent souffre ou que la pluie arrive, la qualité de l'air s'améliore, mais les polluant de disparaissent pas pour autant. Ils se déplaceront dans l'air ailleurs ou se déposeront dans les sols ou dans l'eau.
Pour aller plus loin
- Bilan de la qualité de l’air 2023 en Haute-Savoie par Atmo Auvergne Rhône-Alpes.
- Dossier spécial vallée de l'Arve réalisé par Atmo Auvergne Rhône-Alpes.
- Site et appli Air To Go pour suivre en temps réel les prévisions de la qualité de l’air en tout point de la Région .
- Site et appli Air2G2 pour le Grand Genève.



