Le Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l’Arve

Face à une pollution de l’air inquiétante, avec 3 polluants majeurs dépassant le limites réglementaires ou cibles pour la protection de la santé, le Préfet de Haute-Savoie annonçait la mise en place d’un Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l’Arve (PPA), en septembre 2010. La phase d’écriture, à laquelle ont pris part plusieurs associations de défense de l’environnement ou de la santé, s’est concrétisée par l’adoption officielle du PPA par le Préfet en février 2012.

Or, depuis cette date, sur les dizaines de mesures prévues par le PPA, seules une poignée d’entre elles sont entrées en vigueur et peu de moyens d’accompagnement (contrôle, suivi) permettent leur application concrète. De plus, elles concernent principalement le secteur résidentiel (vitesse sur autoroute, chauffage, déchets verts, feux d’artifices). Le très polluant secteur des transports de marchandises a su utiliser son pouvoir de persuasion pour rester relativement exempté de l'effort de réduction de ses émissions.

A ce rythme, il est clair que le PPA n’atteindra pas ses objectifs sur ses 5 ans d’existence. S’il était appliqué ambitieusement, ce PPA permettrait à la vallée de l’Arve de ne plus connaitre de dépassement des valeurs réglementaires des PM10 et NO2, d’ici 5 ans.

Les grandes lignes du PPA

Une zone particulièrement sensible

Les émissions dans la vallée de l’Arve ne sont pas plus élevées que la moyenne de la région Rhône-Alpes, mais la topographie et les phénomènes météorologiques peu propices à la dispersion des polluants en période hivernale, rendent cette région particulièrement sensible à la pollution de l’air.

Dépassement des seuils de pollution

Les capteurs de Passy enregistrent des dépassements réguliers des normes de particules (PM10) et benzo(a)pyrène (BaP). Les capteurs de Chamonix enregistrent des dépassements réguliers des normes de dioxyde d’azote (NO2) et occasionnellement de particules (PM10).

Les principaux polluants et leurs sources

3 secteurs sont responsables de la quasi-totalité des émissions générées en vallée de l’Arve : les transports, le résidentiel et l’industrie. Les 3 principaux secteurs concernés doivent participer à l’effort de réduction des émissions polluantes sur le territoire.

Des impacts sur la santé

La qualité de l’air dans la vallée de l’Arve est similaire à celle des grandes villes de la région Rhône-Alpes et a un impact direct sur l’espérance de vie. D’après la Cellule de l’Institut de veille sanitaire en Région Rhône-Alpes (InVS), « les connaissances actuelles sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique permettent d’affirmer que les niveaux de pollution mesurés dans la vallée de l’Arve ont un impact sur la santé des populations exposées. Il s’agit à la fois d’effets à court terme survenant rapidement après l’exposition (irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, hospitalisations pour motif cardiovasculaire…) et d’effets à long terme (développement de processus pathogènes au long court qui peuvent conduire à une pathologie chronique ou même au décès) ».

Recommandation InVS

« Pour protéger la santé des populations, il convient de réduire globalement les niveaux de pollution sur la vallée, toute l’année et pour l’ensemble des polluants. En effet, la pollution atmosphérique génère des risques sur la santé, même lorsque les normes réglementaires sont respectées et c’est la pollution de fond et non les pics qui contribue majoritairement à l’impact sanitaire ».