Annecy, impact sanitaire pollution de l'air

Etude de l’Institut de veille sanitaire (InVS), 28 janvier 2015
Agglomération d’Annecy, 2009-2011
10 communes et 135 000 habitants concernés
Evaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine (EIS-PA) : quantifie les bénéfices sanitaires et économiques qui pourraient être obtenus si les niveaux de pollution étaient réduits.

Impact sur la santé, si les valeurs guides de l’OMS pour les PM10 et les PM2,5 étaient respectées

  1. Court terme (PM10) : 7 décès pourraient être évités chaque année.
  2. Long terme (PM2,5) : 70 décès évités par an, soit un gain d’espérance de vie de 11 mois et un bénéfice économique estimé à 115 millions d’euros par an.

C’est la pollution chronique, qui atteint en priorité la santé des annéciens. Pour l’InVS «il est essentiel de réduire les niveaux de fond, c’est- à-dire la pollution de tous les jours liée notamment aux particules».

Les sources d’émissions moyennes de particules (PM10 et PM2,5)

  • Résidentiel 40%
  • Transport 40%
  • Industrie 20%

Exposition moyenne aux particules sur 4 ans (2009-2011)

  • PM10 : 30 μg/m3 (valeur guide OMS 20 μg/m3)
  • PM2,5 : 23 μg/m3 (valeur guide OMS 10 μg/m3)

Par comparaison PM2,5 (entre 2004 et 2006, APHEKOM)
Marseille 18 μg/m3, Paris, Lyon 16 μg/m3 

A noter que les oxydes d’azote n’ont pas été étudiés, alors que ce sont de bons marqueurs du trafic routier. Habiter à proximité du trafic routier est un facteur majorant dans le développement de l’asthme chez les enfants et des pathologies chroniques chez les plus de 65 ans. Les polluants liés à l’industrie ne sont pas inclus non plus. Seuls les particules et l’ozone ont été retenus par cette étude.

Conclusion

Cette étude, bien qu’incomplète au niveau des polluants pris en compte et qui ne chiffre pas l’ensemble de la mortalité due à la pollution de l’air, montre que près de 80 décès pourraient être évités si les valeurs cibles de l’OMS étaient respectés à Annecy pour les particules.

Parking vélo, gare de Strasbourg

A la lumière de cette étude, il est clair qu’un changement de politique des transports est indispensable dans l’agglomération annécienne. L’ambition actuelle de stabilisation du trafic d’ici 2030 est clairement insuffisante. La politique de mobilité dans la capitale haut-savoyarde doit être remise à plat. Un report vers les transports en commun et les modes doux (vélo, marche) doit devenir une priorité et le développement des infrastructures routières remis en question.
  
Un effort doit aussi être fait au niveau du résidentiel, avec une politique d’incitation à l’isolation du bâti, afin de réduire la consommation d’énergie et donc les émissions polluantes, avec aussi une action sur le remplacement des installations de chauffage et le développement des énergies renouvelables, en particulier du solaire thermique, peu coûteux et très propre.

Comparaison Annecy / vallée de l'Arve

Pic de pollution sur toute la Haute-Savoie, mars 2014

D’après l’InVS, 40 à 50 décès, par an par tranche de 100.000 habitants, sont dus à la mauvaise qualité de l'air sur le territoire du Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l'Arve (du pays Rochois au pays du Mont-Blanc). Dans la vallée de l’Arve, les effets des pics de pollution sont beaucoup plus prononcés sur la santé qu’à Annecy. Environ la moitié des décès y sont causés par la pollution à court terme et l’autre moitié par la pollution de fond.

Ramenée à 100.000 habitants, la réduction de la pollution aux particules à Annecy pourrait éviter 57 décès par an dans l’agglomération. En terme d’impact sur la santé, la pollution chronique d’Annecy est donc tout aussi préoccupante que la pollution très médiatisée de la vallée de l’Arve.

Anne Lassman-Trappier, présidente d'Environn'MontBlanc / Inspire
Dr Jacques Venjean, médecin du travail et allergologue