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vallée de l’Arve – impact de la pollution de l’air sur la santé

Pire que prévu et pas où on l’attendait

Evaluation quantitative des impacts sanitaires (EQIS)
Impact de l'exposition chronique aux particules fines sur la mortalité dans la vallée de l'Arve
Santé publique France. 29 septembre 2017.

L’impact sur la mortalité est en réalité au delà des 60 décès prématurés par an, annoncés par les médecins locaux, tous polluants confondus. Il est beaucoup plus conséquent dans le secteur Cluses-Bonneville, alors qu'on l'attendait plutôt du côté de Passy. Ceci confirme que l'exposition à la pollution chronique est plus néfaste pour la santé que les pics de pollution, pourtant plus visibles.

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Les conclusions de l'étude

  • 8% de la mortalité de la vallée de l’Arve est attribuable aux particules fines PM2,5.
  • Soit 85 décès par an, pour une population de 155.000 habitants permanents.
  • Une baisse de 30% des concentrations annuelles de PM2,5 permettrait de diviser par 2 la mortalité liée à la pollution de l'air et de la ramener à 4%, soit 45 décès évités par an, et de gagner 5 mois d'espérance de vie.
  • Cet impact est comparable à celui des agglomérations françaises de taille moyenne, sans atteindre la situation des grandes agglomérations les plus polluées, dont la mortalité liée à la pollution de l'air est de 13%.
  • L'étude sous-estime l’impact réel de la pollution de l’air sur la santé des habitants de la vallée de l’Arve et en fournit un ordre de grandeur a minima.
  • Les PM2,5 sont considérées comme un traceur de la pollution de l’air globale. L’impact des autres polluants sur la santé n’a pas été étudié (dioxyde d’azote, benzo[a]pyrène, ozone…).
  • Des actions doivent être prises sans tarder pour améliorer de manière durable la qualité de l’air, dans son ensemble, dans la vallée de l’Arve.
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Estimation de l’exposition

  • L’impact le plus fort n’est pas à Passy, mais dans la partie ouest de la vallée de l'Arve dans l'axe Cluses-Bonneville. Ceci peut paraître surprenant par rapport au ressenti de la population de la zone centrale de la vallée, où est située la station de mesure de Passy, à l'origine du déclenchement de procédures préfectorales pour pics de pollution.
  • 68% de la population de la vallée de l’Arve (soit 106.000 personnes) est exposée à des niveaux dépassant la valeur recommandée par l’OMS (10μg/m3 en moyenne annuelle).
  • 21 communes sur 41 sont exposées à des concentrations dépassant la recommandation de l’OMS (10μg/m3).
  • La pollution est plus importante dans les fonds de vallée.
  • 55% de la population est exposée à des concentrations de dioxyde d’azote supérieures à 20μg/m3 , niveau recommandé par l’OMS pour les études d’impact sanitaire, mais non pris en compte dans cette étude, car le risque de double comptage PM2,5 / NO2 pourrait atteindre 33% (67% des risques sanitaires liés à la pollution au dioxyde d’azote ne sont donc pas évalués ici).
  • Les inversions de température en fond de vallée, qui provoquent une stagnation de l’air, sont très nombreuses en hiver (décembre – janvier). Ainsi, les niveaux des polluants, notamment particules fines et oxydes d’azote, sont plus élevés en hiver. À l’inverse, en été et en altitude, le rayonnement solaire favorise la formation d’ozone.

Les limites de l’étude

  • L’exposition est évaluée par modélisation et sous-estime sans doute les concentrations de PM2,5.
  • L’hypothèse faite est que les habitants sont exposés dans leur commune de résidence, sans tenir compte de leur lieu de travail ou de loisirs.
  • Des dépassements des valeurs réglementaires sont observés pour d’autres polluants dans la vallée de l’Arve: particules fines (PM10), [a]pyrène et dioxyde d’azote (NO2). Leur impact sur la santé n’est pourtant pas inclus dans cette étude.

En France métropolitaine, l’exposition chronique aux PM2,5 contribue en moyenne à 9% de la mortalité annuelle totale, soit 48.000 décès prématurés par an, et une perte d’espérance de vie à 30 ans pouvant dépasser 2 ans.
Voir l’étude de Santé Publique France