Bilan DE LA QUALITé DE L'AIR AU PAYS DU MONT-BLANC EN 2017

Les émissions toujours incontrôlées des transports

Malgré la météo favorable à la dispersion des polluants, les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), ont augmenté en 2017 le long de la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc. Ce polluant routier reste dans l’illégalité face aux normes européennes. Ceci s’explique par le fait que :

  • les moteurs diesel continuent d’émettre beaucoup plus de NO2 en situation réelle de conduite que ce qu’affichent les constructeurs automobiles,
  • certains poids lourds contournent les systèmes de dépollution,
  • le trafic au tunnel du Mont-Blanc est en augmentation significative.

2017 a été une année record pour le tunnel du Mont-Blanc, avec une progression de +8% du trafic  poids lourds. 620 000 camions ont emprunté le tunnel en 2017, soit le niveau le plus élevé depuis sa réouverture en 2002. Le trafic voiture a dépassé 1,3 million passages en un an. Le tout dans une vallée de moins de 1 km de largeur, à plus de 1.000 m d'altitude...


Les particules PM10 : pas de dépassement en 2017

Grâce à une météo hivernale neigeuse et pluvieuse, la dispersion des polluants a été meilleure en fin d’année 2017 que les hivers précédents et les pics de pollution beaucoup moins fréquents.

Pour la première fois, la station de Passy n’a pas connu de dépassement des normes européennes en matière de PM10. En se basant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’air dans la vallée de l’Arve reste toutefois nocif pour la santé.

Bilan 2017 pays du Mont-Blanc par ATMO Auvergne Rhône-Alpes


Une moyenne annuelle stable pour les particules PM10

En moyenne annuelle, la teneur en particules dans l’air ne s’est quasiment pas améliorée en 2017. Passy passe de 24 à 23µg/m3 sur l’ensemble de l’année et la moyenne annuelle à Sallanches est similaire à celle de Passy, avec 22µg/m3, au dessus des recommandations de l'OMS.

La moyenne à Chamonix se situe à 17µg/m3.

 


GRAPHIQUE ATMO AUVERGNE RHÔNE-ALPES

GRAPHIQUE ATMO AUVERGNE RHÔNE-ALPES

Le gros point noir du Benzo(a)Pyrène

Concernant le Benzo(a)Pyrène, un polluant classé cancérigène, la situation ne s’améliore pas à Passy et Sallanches. La plaine du Mont-Blanc est le seul territoire en France qui continue de connaître des dépassements de la valeur cible. Ces dépassements sont liés à l’activité industrielle de SGL Carbon, sans l'ombre d'un doute, d’après les affirmations récentes d'ATMO Auvergne Rhône-Alpes, en lien avec les émissions diffuses de l'usine qui s'échappent du bâtiment sans être filtrées par les cheminées de l'établissement. Quels autres polluants, non-surveillés, s'échappent également de ce bâtiment ?

SGL CARBON À PASSY. UNE USINE D'UNE AUTRE ÈRE

SGL CARBON À PASSY. UNE USINE D'UNE AUTRE ÈRE

Un problème qui a pourtant été réglé ailleurs

Le problème des émissions industrielles de HAP / BaP, lié à la production de carbone, a été réglé ailleurs. L’entreprise Carbone Savoie, à Vénissieux, a investit 18 millions d’euros et installé un système très performant dit d’oxydation thermique régénérative, en 2013. L’usine a été quasiment mise sous vide et toutes les émissions sont traitées par un système de filtration qui a fait ses preuves. Une baisse radicale des émissions polluantes de HAP, d’un facteur 10 a pu être mesurée. Pourquoi une telle installation n'est pas imposée à l'usine SGL Carbon, si elle souhaite rester dans une zone aussi sensible de montagne que le pays du Mont-Blanc ?

C'est bien évidement le prix à payer pour concilier la continuité d'une activité industrielle avec la préservation de la santé des habitants et du secteur du tourisme qui fait vivre le pays du Mont-Blanc.

En savoir plus sur l'installation Carbone Savoie